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Histoire du Golf (2/2)


B/ LA DECOUVERTE DU GOLF


1 – Règles du golf et étiquette

En golf, si l’objectif est simple -mettre la balle dans un trou avec le moins de coups possible-, les règles sont très complexes, surtout de nos jours. En 1754, l’acte fondateur du golf ne comportait pourtant que 13 articles et laissait donc beaucoup de liberté aux pratiquants.
A ces règles s’ajoute l’étiquette ou code de bonne conduite à adopter sur le parcours. De même la tenue vestimentaire ne saurait être négligée, à fortiori en compétition. Respect du parcours et respect des autre joueurs demeurent encore des règles essentielles à la pratique du golf.
Le grand champion américain Bobby Jones estimait que « les règles de l’étiquette et de la bienséance sont aussi importantes que les règles proprement dites du jeu ».
Et il agréable de constater que la démocratisation n’a pas altéré cette bienséance qui répond toujours à la demande des pratiquants, comme l’a montré un sondage récent de la Fédération Française de Golf.

2 – Le parcours

Chaque parcours de golf, dessiné par un architecte, est unique en ce sens que l’on ne peut trouver deux parcours identiques dans le monde entier, même si on retrouve bien des caractéristiques communes.
Le parcours est pour un golfeur une sorte de temple qu’il apprend progressivement à découvrir. Havres de paix permettant le recueillement nécessaire pour tenter de faire rentrer cette irritante petite balle dans ce trou si minuscule, les parcours intéressent, intriguent, déconcertent mais surtout, remplissent leurs fidèles de respect, voire d’admiration.
A la fin du parcours, les pratiquants rejoignent le club-house, lieu de convivialité.

3 – Les joueurs

Tout débutant ou apprenti golfeur n’accède au parcours qu’après avoir acquis un minimum de connaissances techniques et assimilé les règles élémentaires. Il doit même satisfaire à un examen et obtenir la carte verte, sorte de sésame pour fouler un parcours de 18 trous.
Il sera alors le plus souvent accompagné d’un golfeur confirmé ou d’un professionnel.
Au golf, la hiérarchie des joueurs est basée sur un index attribué par la fédération en fonction des résultats sportifs. Ce système de classement est indissociable de l’expérience acquise par la fréquentation de parcours différents qui permet d’étalonner le véritable niveau des pratiquants. La variété, ainsi que la difficulté des parcours sont gages de progression.


4 – Le matériel

Le joueur dispose d’un ensemble de cannes –appelées clubs- qui permettent d’expédier la balle à des distances et des hauteurs diverses. On distingue deux grandes familles de clubs : les bois et les fers.
Les bois -qui sont aujourd’hui des clubs métal- servent à frapper des longs coups (de 150 à 300m selon les modèles) dans des espaces relativement dégagés.
Les fers permettent d’atteindre les greens (zone de gazon ras où se trouve le trou) avec des coups de 180m et moins. On distingue des longs fers, des fers moyens et des petits fers ou wedges qui sont utilisés en fonction des distances à parcourir, en général dans des zones étroites ou à proximité du green. Ces fers sont des outils de précision, permettant d’effectuer ce qu’on appelle « les approches ».
A ces bois et fers s’ajoute le putter, lame ou maillet qui permet de faire rouler la balle dans le trou du green.

5 – Le golf, métaphore de la vie

Robert REDFORD, acteur et réalisateur américain, employait cette expression pour qualifier le golf et ajoutait : « C’est le sport où l’on joue contre soi-même. Et la nature. Un 18 trous, c’est vraiment l’équivalent d’une existence, avec ses difficultés, sa part de chance, ses tentations… ».
Il a adapté à l’écran le roman de Steven PRISSFIELD « La légende de Bagger Vance » qui conte la renaissance d’un golfeur, à l’occasion d’un match de légende sur un parcours de Georgie.
Au retour de la première guerre mondiale, le capitaine Rannulph Junuh, meurtri par les combats, doit réapprendre à aimer la vie. Avec l’aide d’un mystérieux caddie (assistant) cet ancien champion local va retrouver le chemin du geste parfait, de l’harmonie suprême qui avait fait sa réputation avant son départ pour les champs de bataille.
Mais encore plus, le héros va retrouver son âme en s’infligeant lui-même une pénalité car sa balle a bougé à l’occasion d’un geste d’essai.
Bien sûr, il ne s’agit que d’une légende, mais au travers de cette quête initiatique vers l’idéal de perfection, caractéristique de la démarche maçonnique, j’y ai discerné une vertu rédemptrice du golf. Une partie de golf peut, comme les travaux en loge, apporter une parcelle de cette paix intérieure que nous revendiquons tous, surtout en période de turbulences, qu’elles soient internes –familiales ou professionnelles- ou externes -sociales ou politiques-, et autres.
« Dans une époque qui a perdu ses marques, le golf fascine parce qu’il est une longue marche tranquille. Et le rêve permanent » a écrit le journaliste Denis Lalanne. Alors laissons rêver ces millions de golfeurs passionnés par ce sport qui sait devenir jeu et qui n’y trouvent peut-être seulement qu’hygiène de vie et camaraderie.

Mais chaque pratiquant, du plus humble au champion, appartient à la grande famille des golfeurs. Et il est assez frappant de constater que la grande majorité des golfeurs ont le tutoiement facile et que le sentiment d’appartenance à cette grande famille efface bien des disparités culturelles et financières. Au golf vous découvrez la convivialité d’une partie avec des amis ou des inconnus de l’autre bout du monde, quelle que soit leur condition sociale.
Comme en Franc-maçonnerie, il serait naïf, voire hypocrite, de laisser croire que toutes les couches de la société sont représentées dans les clubs. Il est pourtant indéniable que la démocratisation est en marche. Les cotisations sont de plus en plus accessibles.
La montée en puissance de la génération des seniors (plus de 55 ans) ainsi que l’aménagement et la réduction du temps de travail sont des facteurs importants de l’expansion du golf. Mais seule l’émergence d’un champion –comme l’a été Yannick Noah pour le tennis- pourra accentuer ce phénomène qui passe également par l’ouverture de golfs publics urbains.
Le golf devra aussi perdre cette image élitiste et individualiste qui le caractérise encore, sans pour cela abandonner tout ce qui fait son charme et son intérêt.

Ce sport montre en effet parfois, des vertus insoupçonnées quand il se pratique en équipe. Une seule image suffirait pour le démontrer : l’explosion de joie des golfeurs européens à l’occasion de leur victoire sur les américains en RYDER CUP.
Cette compétition par équipes rassemble les plus grands joueurs professionnels de la planète, millionnaires en dollars. Elle pourrait servir de modèle à bien des compétiteurs, en matière d’esprit sportif, de convivialité, d’éthique et de dépassement de soi.
La solidarité exemplaire, dont ont fait preuve les joueurs européens lors de la dernière édition a balayé tous les pronostics, et me paraît une bonne façon de conclure cette initiation golfique.

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Conception : Julien STOHR ©2003